Mardi 10 novembre 2009

Deux personnalités opposées, des origines très différentes, un destin hors du commun, mais une association très efficace : Danny Wilde et Lord Brett Sinclair rendent la justice à ceux qui y ont échappé ……………….. Ou plutôt le Coach et Predator courent après un chrono qui ne veut jamais descendre ! 


Ce Dimanche avait lieu à Issoire une nouvelle édition du 10 km pour une nouvelle fois départager les 2 compères :



                                                                                       

                                        Le Coach                                                                                      Predator

                                   Record : 32’32                                                                            Record : 32’35



Le défi est le suivant et toujours le même depuis trop longtemps : passer sous 32’30.

Le Coach ayant décliné l’invitation, je me lance seul dans cette nouvelle tentative désespérée de lui gratter ces p..t..n de 3 s !


5
semaines de préparation pour venir à bout d’une demi-heure de souffrance, 5 semaines de privation pour avaler cette maudite demi-heure, si, si vous avez bien lu, j’ai même fais attention à ce que je bouffais !

Terminé le steak-frite du mercredi, fini le kebab après l’entrainement natation, dissout le coca entre les repas, annuler la cure de bonbon automnale pour compenser le manque de soleil, éliminé la dose journalière de cantal arrosée au cubi bon marché, et « ô crime de lèse majesté » disparition totale du pot de Nutella de mes étagères ……………snif !

Que ce fut dur d’aligner à l’entrainement les 200m, les 400m, les ……………. Euh non, qu’est-ce que je dis…………….. Que ce fut dur pendant ces longues semaines de passer au rayon Nutella d’Intermarché les yeux fermés, la gorge nouée et le poing serré !

 Aaaaargh !!! Comme on dit, on n’a rien sans rien, mais quand même, tout ça juste pour un 10 bornes, ça relève sûrement de la psychanalyse !

Malgré tout c’est efficace pour qui veut maigrir, 64kg au départ pour 61kg à l’arrivée, de mon cerveau qui fonctionne plus qu’à moitié et de la peau qui me reste sur les os, j’entends encore la voix douce et divine du Coach qui prêchait :

« 1kg de perdu c’est 30s de gagné sur 10 bornes ! »

« Oh oui grand Maitre ! Que vous êtes beau, que votre ramage ressemble à votre plumage, vous êtes le phénix …………….. Euh…….. j’dois un peu trop m’enflammer là…………. »


C’est donc serein et sûr de moi que je me présente au départ, j’affiche 1kg de moins que le jour de mon record, la théorie du Coach étant implacable et impénétrable, je dois faire 32’ !


Le départ est donné, le sol est mouillé et je n’ai pas mis mes pneus pluie, un comble au pays du bibendum. Une fois n’est pas coutume je prends d’entrée les commandes des opérations, la montre au poignée, je guette déjà le passage du 1er km que je passe en 3’15, pilepoil dans mon tableau de marche, seul souci je croyais être parti plus vite. On est déjà plus que 5 en tête et on prend un rythme de croisière, le passage au 2eme km se fait en 3’18, j’essaye tant bien que mal de relancer l’allure mais les secondes s’échappent déjà dans le mauvais sens, ça s’annonce mal et les kms suivant ne seront qu’un copier-coller des précédents, le futur vainqueur accélère au 4eme km et je serais le dernier à le suivre pour me faire décramponner peu après le 5eme km.

Encore un tour à me taper tout seul ou presque puisque le Coach me suit en vélo avec le neveu sur le porte-bagage et que le Coquille essaye d’appuyer comme jamais sur ses pédales pour suivre ce cortège d’illuminé.

Malgré la violence de l’effort je les entends parler :

« Allez Seb tu vas rentrer dans l’histoire, t’es mon idole ! »(ça c’est du made in Coquille)

« Eh papa, pourquoi tonton il est tout rouge ? »

« Euh ben parce qu’il est pas content. »

« Eh pourquoi il est pas content ? »

« Euh ben parce qui va pas gagner. »

« Ben pourquoi y coure alors ? »

Ceci étant dit et bien dit, effectivement je me demande pourquoi je coure, le 1er est trop loin et la 2eme place est acquise, quant au chrono je suis bien loin de ce que j’espérais, plus rien ne me pousse à me faire violence et à ce stade de la course ma réflexion cérébrale est dés plus limitée, je cogite donc à la coquille que je devine me dire :

« Fais le pour la gloire ! »

La gloire de qui, la gloire de quoi, j’en sais rien, mais malgré tout je maintiens la cadence jusqu’à la ligne d’arrivée que je franchis 2eme en 33’37.


Très déçu par mon temps, j’ai encore du mal à analyser cette contre-performance, c’est mon plus mauvais temps sur un 10 km plat et je n’avais franchement pas l’impression d’être dans un mauvais jour, mais après visionnage de la vidéo de la course je constate que j’ai une technique de foulée encore très rudimentaire et pas vraiment économique, et sûr un parcours mouillé j’ai bien peur que sa manque cruellement d’éfficacité.


Tant pis au moins le Coach fini la journée avec la banane, trop content de préserver son avantage, quant à moi je la termine dans ma cuisine, perplexe, le regard dans le vide, et la cuillère plantée dans le pot de Nutella.

Sûrement le meilleur moment de la journée !

 

 

 

Résultats 10 km :

  

1      HAFNAOUI Nordine              32 :35

2      MOREAU Sebastien             33 :37

8      ORLHAC Boris                     35 :22

                                                                                                        

Par Predator
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Mardi 20 octobre 2009

Coucou me revoilou !

C’est donc après une petite période d’hibernation que ce week-end je suis ressortis de ma tanière pour retourner au mastic sur un 5 km plat et rapide dans le parc technologique de La Pardieu.


Je me présente sur les lieux un peu en avance et depuis le temps que je ne suis pas venu sur ce type de course je ne connais plus personne, en attendant le départ de la course j’essaye de me faire de nouveaux amis; j’aperçois un mec style aviateur et je l’aborde :

« S’il vous plait …….. dessine moi un mouton ! »

« Hein ! »

« Dessine moi un mouton …… »

« Mais t’es qui toi ? Et puis qu’est-ce tu me veux d’abord avec ton mouton !? »

« Heu…..ben…..chui le p’tit prince ! T’es pas l’aviateur ? »

« J’t’en foutrais moi du p’tit prince ! Tu serais pas plutôt un p’tit c.. ! »


A priori il y a méprise, je m’éclipse discrètement et je tente de nouveau ma chance avec quelqu’un d’autre de manière plus subtile, enfin je crois :

« Bonjour …… chui le renard ! »

« Euh….bonjour M'sieur le renard. »

« Tu veux bien m’apprivoiser ? »

« Euh…ben….ché pas, pourquoi ? »

« Eh ben pour créer des liens ! »

« Créer des liens ? »

« Ben ouais ! J’t’explique, si tu n’es pour moi qu’une personne semblable à cent milles personnes et que je suis pour toi qu’un renard semblable à cent milles renard, je n’ai pas besoin de toi comme toi tu n’as pas besoin de moi non plus. »

« Euh….ouais et alors ? »

« Alors ? Ben, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre, tu seras pour moi unique au monde et je serai pour toi unique au monde…. »


Trop fier d’avoir placé mes citations du petit prince dans la conversation, je ne me suis même pas rendu compte que je parlais tout seul et que la nana c’était barrée en courant.

Tant pis, à défaut de me faire de nouveaux amis, je pars enfin m’échauffer pour ce que j’appelle un digestif de repas dominical.


Le départ est imminent, on est environ 200 coureurs agglutinés derrière la ligne, prête à bondir et penchés sur nos montres comme des obsédés du chrono. Comme toujours ça part vite, je me place aux environs de la 5eme place et je me laisse emmener par  le long serpentin qui s’allonge, un homme s’envole d’entrée, personne ne semble vouloir le suivre et je tarde à réagir, je déboite et j’essaye de recoller au fuyard mais j’ai mal choisi le moment en faisant l’effort avec le vent pleine poire, on a peine fait 700 m que j’ai déjà les cuissots qui chauffent et je comprends vite que je ne reviendrais pas sur le gazier, je laisse filer et je me remets dans les roulettes du groupe de chasse pour souffler un peu. On doit être environ 8 ou 9 dans ce groupe à essayer de limiter les écarts par rapport à l’homme volant et au fil des kms on perd du temps et des unités.

On fait notre petit bonhomme de chemin et comme très souvent en course à pieds j’utilise la même technique de base en me calant derrière celui qui courre le plus vite et je serre les fesses jusqu’à l’arrivée, ce n’est pas très spectaculaire mais c’est efficace pour se surpasser, du coup je termine 3eme et bien cintré en 15’54.

Sous la violence de l’effort  j’ai un peu de mal à récupérer et en plus je plane à 12000 m, ça ressemble à un bon vieux trip du gars drogué au sport qui vient d’avoir sa dose, sauf que là le rapport qualité prix est nettement plus intéressant que d’habitude, en général il me faut 150 bornes de vélo et une bière derrière pour le même effet, et tout ça pour au final me retrouver sous la douche en train de chanter La Marseillaise à tue-tête avec la main droite sur le cœur.


En conclusion une petite course de reprise satisfaisante où je cherchais un entrainement rythmé et surtout à me situer sur ma forme du moment, les lièvres du jour mon permis de décrasser les poumons et les tuyaux, en somme la plomberie est nickel et le moteur tourne bien, donc pour le moment tout va bien et je suis toujours dans les clous pour péter le record familiale dans 3 semaines sur 10 km.

  

 

Résultats 5 km :

  

1      ZIOINI Badre Dine              15 :24

3      MOREAU Sebastien           15 :54

56    MAZET Ludovic                  19:40

                                                                                                                    

Par Predator
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Vendredi 4 septembre 2009

Un petit état des lieux après ce premier essai sur Ironman.

Pour les 6 coureurs du club présent sur la ligne de départ, tout le monde a franchi cette fameuse ligne d’arrivée, et pour le classement par équipe on échoue à la 4eme place à 30 mn du podium.


En ce qui me concerne difficile de ne pas être content puisque  j’espérais moins de 12h et un top du top à 11h10, et au final je prends une 17eme place en 11h05.

Malgré tout en analysant la performance avec un peu plus de recul, je me rends compte qu’il y a eu quelques minutes perdues bêtement, il y a d’abord du temps à gagner sur les transitions, au total des deux transitions les meilleurs naviguent entre 4 et 6 mn quand moi j’en mes 10, et ensuite le popo retardataire du marathon me laisse pas mal de regrets quand je vois la différence d’allure entre l’avant et l’après. Même si sur ce marathon je réalise un temps conforme à mes prévisions je pense être capable de mieux et pouvoir viser un 3h15 dans les mêmes conditions.

Mais arrêtons là les suppositions et les espérances car j’ai bien l’impression que sur ce genre d’épreuve elles peuvent vite tomber à l’eau pour pas grand-chose.

En tout cas j’ai pris beaucoup de plaisir sur cette Embrunman en étant lucide du début à la fin et surtout en ne concédant aucun coup de pompe majeur, j’ai réalisé un effort assez régulier et linéaire sur toute la journée malgré un début d’extinction des feux au semi.


Le départ natation à 6h du mat et l'ambiance nocturne est vraiment spéciale à vivre et à voir, 860 neuneus entassés au bord de l'eau et habillés en combi noire et bonnet blanc ça fait un peu secte attendant la bénédiction ou encore mieux je me suis quasiment cru sur les bords du Gange, fleuve sacré par les hindous, et prêt à être laver de mes pêchés de triathlètes.
J'ai même cru m'éveiller à Bouddha qui d'une voie douce me souffla dans les oreilles :
« Tu ne draftera point, mon fils ! »
« Et peut-être atteindras-tu ton nirvana ! »

Le parcours vélo est vraiment magnifique, la seule fausse note c’est cette immonde et dangereuse descente du Chalvet qui en plus vous accueille au bout de 180 bornes. J’étais également très inquiet quant à la sécurité des cyclistes sur ce parcours assez sinueux par endroit, c’est sûrement dû à mes nombreuses années de courses cyclistes et à l’habitude d’évoluer sur  des circuits fermés, et bien figurez vous que j’ai été agréablement surpris, en ce qui me concerne pas une seule bagnole en contre-sens, et je vous l’avoue, quel plaisir de faire les descentes de col tout schuss !


J’ai également trouvé le parcours à pieds sympa avec l’ambiance autour du lac et le passage au milieu des terrasses de café dans les rues piétonnes d’Embrun où l’odeur de bière et de bouffe vous fait tourner la tête, pour une fois pas de demi-tour à la c.. comme on en voit très souvent sur les triathlons mais un parcours un peu plus touristique, qui à mon gout, donne l’impression de passer plus vite.


J’ai également été très impressionné par le service des bénévoles et par l’engouement que suscite ce triathlon, je n’ai pas été surpris car j’ai déjà eu la chance de connaitre d’autres ambiances de la même sorte sur quelques grosses courses vélo, et ce que je peux en dire, c’est que quelque soit le sport, c’est toujours LE petit truc qui vous donne l’impression de participer à quelque chose d’unique et de spécial et qui vous laisse par conséquent des souvenirs forts et sensationnels. Je crois que ce mélange d’effort de longue haleine, de voyage dans votre fort intérieur et d’engouement populaire vous permet d’atteindre cette charge émotionnelle assez forte et propre à chacun, qui est malheureusement assez personnelle et difficile à partager, mais qui au bout du compte se retrouve du premier au dernier et ou chacun vous parlera de la ligne droite d’arrivée ou les souffrances de la journée disparaissent comme par magie pour laisser place a un beau petit moment d’émotions fortes.

Bon en même temps avec 20000€ pour la gagne, le premier n’a pas dû trop s’attarder dans cette dernière ligne droite !


Enfin, je vais sûrement en faire hurler plus d’un, mais je n’ai pas forcément trouvé cette épreuve très dur, non pas que je me considère maintenant comme un homme de fer mais il n’y a rien de surhumain à terminer un ironman, je crois qu’il faut d’abord savoir démystifiée la course avant de la mettre à sa portée, pour preuve je n’ai pas trouvé de violence dans ce style d’effort, j’ai connu bien pire que ça, pour moi la difficulté réside plus dans la longue et lourde préparation que demande une telle épreuve, elle monopolise votre attention sur toute une saison et par conséquent elle demande un investissement très important dans la vie de tout les jours, ce qui est sûr c’est que le jour J il faut faire preuve d’une détermination sans faille et surtout avoir une parfaite connaissance de soi pour savoir jouer avec ses limites et emmener le moteur le plus loin possible.

En tout cas je crois que tout le monde sera d’accord pour dire que c’est une expérience qu’il faut vivre au moins une fois, le seul soucis c’est que ça vous donne un goût de reviens-y et qu’avec ce p.t… de chrono de 11h05 la seule chose qui me trotte dans la tête :

« C’est de faire péter les 11h !!! »

« Y’a des clients pour l’Embrunman 2010 ? »

 

Pour finir, quelques remerciements, aux supporters et supportrices du jour, à Stéph le roi du montage photo, et merci aussi pour tous ces messages de félicitations, entre le téléphone, les sms et les mails, je me suis demandé si je ne venais pas de me marier !

 

 

 

 

Résultats Embrunman 2009 :

 

 

1     ZAMORA Marcel                  0:47:51    1:16    5:59:34    2:02    2:49:06      9:39:45

17   MOREAU Sebastien             0:59:34    5:38    6:21:31    4:35    3:34:10     11:05:25

23    LEPLAT Quentin                  1:10:01    3:21    6:25:15    4:00    3:39:46     11:22:19

147  DAUPHIN Stéphane              0:58:16    6:35    7:45:52    7:39    3:54:36     12:52:56

249  PICHOT DUCLOT Philippe     1:07:12    7:06    7:49:38              4:35:29     13:39:22

296  BAPT Gregory                      1:02:59    7:12    7:20:13    6:32    5:20:36     13:57:30

453  BEROUD Philippe                 1:06:38    6:38    8:11:23    5:45    5:28:00     14:58:21

 

                                          

Par Predator
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Samedi 29 août 2009

Il est environ 13h20 lorsque je rentre dans le parc à vélo pour la 2eme fois de la journée, cette fois-ci j’ai les idées un peu plus clair que sur le matin, enfin dans la mesure du possible puisque après 187 bornes de vélo la perception des idées claires reste toute relative.
C’est donc parti pour une nouvelle transition à la vitesse de la tortue, changement intégral oblige, je prends mon temps et j’en profite pour me tester intellectuellement :
« 9×7 = ……………euh ? »
« 5×5 = ……………eh ben ? »
« 3×3 = ……………ah ! m..d. ! »
« 1×1 = 1 ! »
« 1×2 = 2 ! »
« 1×3 = 3 ! Ah, ah, ah !!! C’est bon chui au top !!! »
 

C’est donc rassuré sur mon potentiel physique et sur mes capacités cérébrales que je m’engage sur ce marathon, l’enchainement se passe plutôt bien et les jambes sont toujours là.
Je n’ai jamais fait de marathon et en plus il commence à faire très chaud, donc la prudence est de mise, j’ai prévu un 3h30 à 12 km/h, pour un as du calcul comme moi  ça me donne un tableau de marche très simple puisque ça fait du 5 mn au km.
Les premiers kms du parcours sont dessinées autour de la retenue du lac de Serre-Ponçon et sur ce site un 15 aout le vacancier à bien sûr envahie en masse les plages du lac, du coup dans une ambiance mêlées d’encouragements à tout va et d’odeur de crème solaire et de merguez je ne me sens plus et je pointe le 1er km en 4 :10 , les kms suivants seront du même acabit, le seul souci c’est que ça fait plus de 14 km/h et que je n’ai franchement pas l’impression d’être sur cette allure. Les distances ne sont pas justes et sur la 2eme partie du parcours les bornes kilométriques se rallongent pour compenser le manque du début.

Jusqu’au km 12 j’ai la sensation de bien gérer et de pouvoir encore accélérer, et jusqu’au km 18 je gère toujours sur la même allure mais cette fois-ci j’ai l’impression d’être à fond de première et que la deuxième vitesse ne passe plus.
Le passage du semi sur la ligne d’arrivée marque pour moi le début de la galère et de la souffrance, je sens que musculairement je n’arrive plus à en tirer grand-chose et je crois surtout que le passage sur la ligne fait vraiment prendre conscience qu’il faut encore se taper le même tour.
C’est donc avec l’impression de tout recommencer à zéro que je repars à l’abordage,  j’ai vraiment la sensation de m’éteindre à petit feu, la foulée se fait de plus en plus rasante et étriquée, les descentes se font douloureuses, en somme tous les voyants sont au rouge, et lorsque le physique fait de plus en plus défaut, la concentration elle est à son maximum, pour sans cesse se remobiliser, se relancer et surtout ne pas s’arrêter, c ’est vraiment à ce moment là que le mental prend une place prépondérante dans la conduite de la course.
Petit à petit sous ce soleil ardent la course se transforme en expédition saharienne, ça chauffe sous la casquette et sous les pieds, à chaque ravito je bois et je m’arrose abondamment pour refroidir le moteur. Je fais de moins en moins attention aux signes extérieurs comme les encouragements ou les autres coureurs, au fil des kms je me retrouve complètement centré sur moi et ma souffrance et j’ai le regard constamment fixé sur le goudron et mes chaussures.
Malgré tout je ne me laisse pas aller et les kms défilent bien, je suis toujours placé dans les 20 premiers, il y en a même qui m’annonce dans les 15, ce qui je vous assure donne un bon coup de booster pour se relancer.
Les ravitos sont nombreux mais les clients aussi, il est bien loin le 1er tour où j’étais seul et servi comme un pacha, du coup je me rabats sur mon porte-bidon avec une ceinture qui me serre de plus en plus le bide depuis au moins 20 bornes.
Vous l’aurez compris, une envie toute puissante ce fait jour depuis un bon moment et l’air de rien ce n’est pas évident de gérer la chose depuis 4h du mat, je comptais bien emmener la marchandise à bon port, mais comme  les voies du seigneur sont impénétrables, la petite histoire va se terminer derrière un bosquet à seulement 3 kms de l’arrivée.
Illico presto, le popo il est beau, un vrai morceau de choix digne des plus grandes bêtes de compétition, mais pas le temps d’analyser et de s’extasier. Fier comme pas deux je repars comme en 40, du coup la ceinture qui me serrai se met à se balader dans tous les sens et cerise sur le gâteau je me mets à courir comme un lapin, cette fois-ci j’ai vraiment l’impression de courir à plus de 14 km/h et ces 3 derniers kms seront les plus rapides de mon marathon ce qui me laisse quelques regrets de ne pas avoir lâché du leste plus tôt.

Tant pis, au moins je termine cet ironman sur de très bonnes sensations et je peux savourer tranquillement cette dernière ligne droite d’arrivée, un petit coucou aux spectateurs massés de chaque côté et enfin je passe le portique d’arrivée ou je profite une nouvelle fois de la situation pour faire pose sur pose devant le photographe officielle, le speaker me voyant faire le pitre en profite pour faire monter l’ambiance et moi du coup j’aurais tout un tas de photos souvenir, d’autant plus que Stéph " le photographe fou " était idéalement placé pour en rajouter à la collection.

Je termine donc ce marathon en faisant le 28eme temps en 3 :34 :10 et dans l’ambiance de l’arrivée je n’ai même pas calculé ma place et encore moins mon temps final sur cet Embrunman, je profite du moment, et à ce moment là de cette bien longue journée tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ................................................


                                                                            

Par Predator
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Mardi 25 août 2009

Il est 7h du mat lorsque je rentre dans le parc pour la 1ere transition, en général à cette heure de la matinée je dors encore comme un bébé, et quoique je fasse, dans les deux cas je n’y vois pas très clair.
C’est donc à tâtons et à la boussole que je retrouve mon vélo, Stephane est déjà là, on a le temps d’échanger quelques encouragements pendant cet intermède qui me parait durer l’éternité, en effet j’ai prévu le changement d’habit intégrale, et mettre un cuissard de vélo quand vous êtes trempé c’est pas très évident.
Transport du casse-croute oblige,  j’ai également prévu de mettre deux maillots de vélo tout simplement pour le côté pratique, avec six poches blindés de gatosport au …………………….. CHOCOLAT et de quelques powerbar, je suis paré pour au moins trois jours, on sait jamais sur un tel parcours on ait jamais à l’abri de se perdre !
Plus sérieusement, au niveau alimentation j’ai donc opté pour  un gatosport entier qui est très digeste et très bon de surcroit, je l’ai coupé en six, une part par poche et comme j’ai prévu 6h30 avec une part par heure ça devrait faire le compte d’autant plus qu’il faut rajouter la boisson, j’ai la aussi prévu mon ravito personnel avec deux bidons de boisson énergétique et quatre sachets de poudre pour les recharger en cours de route.

Bon effectivement avec mes sachets de poudre ça fait un peu dealer de bas quartier, mais avec le nombre de clients en difficulté que l’on croise dans la journée, il y a vraiment un créneau commerciale à saisir, seul problème que je n’ai pas encore résolu c’est le transport de la marchandise pour 860 consommateurs potentiels.
Peut-être que la prochaine fois je prendrais le départ avec une remorque et une caisse enregistreuse en gueulant pendant 187 bornes :
« Chouchou !!! Demandez les chouchous !!! »

J’enfile donc mes deux maillots qui pèsent trois tonnes et enfin je peux me lancer à l’assaut de la première bosse qui s’annonce au bout de 500 m !
Je profite de ces 500 m pour m’enfiler une powerbar, et comme je n’ai pas le temps de la finir je manque déjà de m’étouffer dans les premières pentes de cette montée.
Malgré tout je pars bien et je commence à remonter des grappes incessantes de concurrents, je suis déjà concentrer sur mon compteur puisque le Coach à calculé des temps de passage sur tout le parcours en fonction du dénivelé et de notre reconnaissance de début juillet, je l’ai quelques peu modifié à ma sauce pour faire je l’espère 6h27 à 29 de moyenne.

Le premier pointage se situe au sommet de la bosse au 8eme km et je passe 4 mn en avance, j’engage la descente rassuré sur mon potentiel du jour mais je n’arrive pas à tomber les dents et à envoyer du pâté. J’ai les reins qui me font un mal de chien et je n’arrive même pas à mettre les mains en bas du guidon, je crois que je n’ai pas encore l’habitude d’enchainer une longue natation avec le vélo, je me retrouve avec les mêmes sensations qu’au TriSapin sauf que cette fois-ci les jambes sont bonnes.
L’inquiétude commence quand même à m’envahir, ce premier souci me gâche mon plaisir et je me dis que si je me tape toute la journée avec ce mal de reins ça va vite être galère. Bizarrement ça ne me fait mal que dans les parties roulantes et je me sens relativement à l’aise dans les montées, tant mieux car aujourd’hui c’est montagne !
Au km 45 de retour de la première boucle sur Embrun on m’annonce aux environs de la 40eme place, sur ces parties roulantes vent de face j’ai un peu de mal à suivre les gars équipés de vélos de chrono, d’ailleurs je ne comprends toujours pas l’intérêt d’un tel matériel sur un parcours de montagne, aucune efficacité en montée, aucune précision et sécurité en descente de col, et aucun confort sur 187 km à 3600m de dénivelé.

Premier moment sympa dans cette partie vélo, la montée de Baratier est crépie de monde sur 1 km, on se croirait au tour de France, j’ai même cru que « Il Diablo » allait sortir de la masse pour me courir après avec son trident !
Je continue mon petit bonhomme de chemin et je finis par trouver un allemand qui roule bien, on se relaye dans la ligne droite de Guillestre, je profite même un petit peu de lui et dans la montée avant de basculer sur la vallée du Guil je me retrouve une nouvelle fois seul, dommage car ce sera mon seul compagnon du jour, et le bestiau aura sa revanche puisqu’il me repassera comme un avion au marathon pour aller faire 9eme. Après enquête le gazier n’est pas le dernier venu puisqu’il a fait 14 fois Hawaï et son meilleur résultat c’est 4eme en 2005.
Gloups !

J’ai une nouvelle fois très mal aux reins dans le long faux plat montant de la vallée du Guil menant au pied du col de l’Izoard, ce sera pour moi la partie la plus pénible de ce parcours, cette route n’en fini pas, 12 km vent de face !
Je prends mon mal en patience et enfin le gros morceau s’annonce avec 14 km de montée pour basculer de l’autre côté du monstre. Je me crois une nouvelle fois au tour de France puisque à Brunissard j’aperçois l’hélicoptère qui suit la tête de course  au-dessus des premiers lacets, à vol d’oiseau ils ne sont pas loin mais sur le terrain je suis déjà pointé à 20 mn.
Au contraire de la vallée précédent le col, je me fais vraiment plaisir dans cette montée, je monte 34*21 et les jambes tournent super bien, je relance à chaque virage et j’ai même envie de tout faire péter et de poser des mines, bon évidemment comme c’est une course de régularité je m’efforce de retenir la bête qui monte en moi.
Je suis pointé 23eme au sommet et j’ai toujours mes 4 mn d’avance sur mon temps de passage, j’en profite pour faire mon seul arrêt de la journée au ravito de l’organisation, des bénévoles au top du top digne d’un stand de F1, je sors mes sachets de poudre et ils font tout le reste, jusqu'à les remettre dans les portes bidons, je réclame un 3eme bidon de coca à mettre dans la poche du maillot pour charger le mulet et faire la descente, aussitôt dit aussitôt fait !
Je me demande même que si je leur avais demandé une truffade ils auraient été capables de me dire oui !

Il reste 87 km et je me lance plein badin dans la descente, pas de repos, pas de flânerie, il y a aussi du temps à gagner en descente surtout quand elles sont technique comme celle là.

Après Briançon on change de vallée mais pas le sens du vent, toujours de face le coquin. Le triathlète se fait de plus en plus rare dans le coin, plus j’avance et plus les écarts sont conséquents entrent les coureurs, j’en reprends deux coup sur coup qui vont me coller aux basques un petit moment, la montée du Pallon s’annonce et j’en profite pour faire le ménage en y appuyant un peu plus que prévu.

Au bout de 150 km tout va bien, je suis toujours en avance sur mes temps, je n’ai plus mal aux reins depuis le sommet de l’Izoard et je ne me sens pas lasser ou trop fatiguer par l’effort, seul souci je n’arrive plus à manger solide, j’ai mangé les trois-quarts de mon gatosport et je ne peux plus avaler le reste, je sens que j’ai l’estomac plein et le soleil commence à taper fort, je ne cherche donc pas à me forcer, ça sert à rien, et je continue seulement avec la boisson d’autant plus que la dernière difficulté du jour se dresse au loin.
Je m’engage enfin dans la montée finale du Chalvet qui est surnommée « La bête », c’est une belle vacherie mais je la dompte sans trop de problème, au sommet c’est fini puisque il ne reste plus que de la descente pour rallier le parc à vélo.

J’arrive comme je l’espérais, relativement bien et lucide, mon compteur affiche 6h20 et 29,5 de moyenne.
Une très bonne performance pour cette partie puisque je réalise le 11eme temps en 6 :21 :31.
A ce moment là de la course je rentre 19eme dans le parc à vélo, je suis bien dans la course et ça me laisse de bonnes perspectives et une bonne carotte pour me motiver à déguster le chaleureux marathon qui s’annonce.       

 

 
                                                                               
Par Predator
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