Après une petite semaine de vacances, un petit compte-rendu de mon premier Ironman.
L’aventure commence trois jours avant, histoire de s’acclimater tranquillement et de repérer le parcours marathon, la partie natation et le parc à vélo ………
Seul souci, à peine arrivé sur place j’ai déjà la tête à la course et je suis tendu comme un slip, trois jours comme ça à attendre le coup de pistolet libérateur ce n’est pas très agréable,
d’autant plus qu’il faut préparer toute la logistique nécessaire pour ce genre d’épreuve : l’alimentation, les transitions, l’équipement pour chaque discipline, etc. …….
L’air de rien, ça fait tout un bordel à emmener et plein de petits détails à penser, ce qui rajoute à la tension ambiante et vous laisse tout le temps l’impression d’avoir oublié quelque
chose.
Samedi 15 août, 4h du mat !
« Driiiing, Driiiing ……♫ It’s a beautiful day ♫ don’t let it get away ♫ It’s a beautiful day ♫ ……. Driiiing, Driiiing!!! »
« Hé Seb ! Bouge-toi la nouille bordel ! C’est l’heure ! »
« Aaaarrrgh ! Et m..de ! C’est la brume
man ! »
« Non, non aujourd’hui c’est l’Embrunman ! »
Illico presto, ou presque, je me lève en furie :
« Quel est le c.. qui a mis le réveil à 4h !!! »
« Ben c’est toi tête
nœud ! »
« Ah bon ? Euh….ben…. on y va les gars ? »
Habillage et toilettage éclair et j’engloutie mon gatosport au chocolat bien-sûr.
A 5h on est sur place, une ambiance feutrée et tendue se dégage des lieux et tout le monde s’affaire à ses petits préparatifs, peu de dialogue, pas d’éclats de rire, les regards sont fermés et
personne n’ose rompre le silence de la nuit.
Je m’aventure dans les profondeurs sombre du parc à vélo ou règne ici et là une ambiance «cacatoesque », en effet des queues invraisemblables s’alignent devant chaque toilette, l’attente va
être longue et ennuyeuse. Mais heureusement je croise par inadvertance Maître renard, qui par l’odeur alléché, me tint à peu près ce langage :
« Oh la la malheureux ! Reste pas là, ça pu la m..de ! »
Ni une, ni deux je fais demi-tour, tant pis pour le pipi de la peur et le caca
nerveux, ce sera pour plus tard !
J’enfile la combi et avec le Coach et Greg ont part faire un brin de trempette dans les eaux noires du lac de Serre-Ponçon, c’est plutôt agréable et grisant de nager dans le noir surtout avec une
eau à 22°.
Ont s’attardent pas trop dans l’eau pour être bien placer au départ, ce n’est pas trop la cohue pour se placer, ont laissent les cadors se mètrent devant et nous ont est en deuxième ligne. Je
suis juste derrière le futur vainqueur Zamora, j’avais bien senti la bonne à roue à prendre mais comme un c.. j’ai oublié le sandove !
Déjà un manque flagrant d’expérience et comme on dit souvent : A haut-niveau, la victoire se joue à des détails !
L’heure fatidique approche et bizarrement, au contraire des journées précédentes, je n’ai plus un pette de stress, je me sens même super détendu et je suis content d’être là, l’ambiance monte
petit à petit, les spectateurs puis les concurrents se mettent à taper dans les mains, le départ est imminent et à 6h pétantes :
« Pan !»
Le coup de pistolet retentit, je me fais déborder de partout, à c’t’heure les réflexes ce n’est pas encore ça, je courre à l’aveuglette
sur la plage puis dans l’eau, je ne sais pas pourquoi je courre mais je courre !
Je plonge, je me relève, je courre encore, je replonge enfin et je commence à nager, enfin j’essaye.
C’est un merdier pas possible, je me fais marcher dessus, je me débats comme un forcené, je ne vois rien, je ne comprends rien et très vite je m’asphyxie. Je me retrouve très vite dans la même
situation qu’au triathlon de Sommières, en hyperventilation. Ca ne pouvais pas plus mal commencer, je suis dans le noir en train de faire de la brasse au milieu de 860 mecs qui ont déconnecté le
cerveau, j’essaye tant bien que mal de contenir cette panique qui ressemble à une crise de claustrophobie et je nage comme ça jusqu’à la première bouée.
Au passage de cette première bouée je reprends mes esprits et mon souffle, déjà 250m de baiser mais tant pis, je peux enfin commencer à nager proprement.
Le moteur se met enfin en marche et je me sens même plutôt bien, j’arrive à bien m’appliquer et je commence à remonter, seul souci je nage tout sur les extérieures et pas moyen de se rabattre à
la corde, il y encore trop de monde.
A l’entame du deuxième tour le soleil c’est levé, mais malheureusement c’est bien difficile d’en profiter avec la tête dans l’eau, j’arrive enfin à prendre les pieds d’un nageur plus rapide que
moi et je lui colle aux basques jusqu’à la sortie sur la plage.
J’ai un peu de mal à retrouver la position debout, il me faut quelques secondes pour que le cerveau se remette en mode bipède, et il me faut encore quelques mètres pour que les jambes se mettent
à courir, dans quel sens j’en sais rien, mais je fais comme les moutons de panurges, je suis celui qui est devant moi.
Au bilan de cette première partie, je sors de la natation 136eme en 59 :34, et malgré les soucis du départ je suis
pilepoil dans mon tableau de marche puisque j’avais prévu 1h, donc tout va bien, la discipline où je suis le moins à l’aise est négociée, reste « plus » que 187km et un marathon, ou
selon chacun, reste « encore » 187km et un marathon, à vous de voir !