Jeudi 5 mai 2011 4 05 /05 /Mai /2011 21:17

 

Ayé c'est reparti !
De quoi il parle vous allez me dire ?
Eh ben de triathlon nom d'une manivelle !
Eh oui les températures remontent, les beaux jours reviennent, il est temps d'aller faire le kéké au bord de l'eau avec la combi moulante, les lunettes de surfer posées sur le tarrin, le muscle saillant et le bronzage.................écrevisse.
Greg le fonctionnaire en préparation pour l'ironman de Nice me contacte plusieurs jours avant la compète :
« Allo Seb ? …........... Ca't'branche le triathlon de St-Cyr sur mer ? »
« Euh ben ouais …........... c'est ou ? »
« Ben à St-Cyr sur mer …......... »
« Et sinon c'est quoi comme tri ? On nage ou ? »
« Ben comme son nom l'indique dans la mer ! »

Allez hop c'est parti, c'était pas prévu au programme, et il ne m'en faut pas plus que ça pour me décider, en même temps y'a pire comme destination.Direction un week-end à la mer pour le 1er triathlon de l'année avec au programme 1,9km de natation, 85 km de vélo et 21 km de course à pieds.
On retrouve donc tout le petit monde du triathlon au retrait des dossards avec leur fameux t-shirts de finisher sur le dos, il y a la toute une ribambelle de mecs qui se ballade avec des t-shirts d'Ironman de Nice, d'Ironman d'Hawaï, d'Ironman de Ouarzazate, d'Embruman, y'a même des finishers du super-sprint de …...... Nébouzat.
En voyant ça le pauvre Greg avec son t-shirt PizzaHut est déjà en panique puisqu'il n'arrive pas à se faire d'ami et moi avec mon t-shirt Captain America j'essaye de sauver la mise en gonflant les pecs.

Bon c'est pas tout mais y'a une course à faire, dimanche matin 9h, 300 triathlètes ont les pieds plantés sur la plage le regard fixé vers l'horizon, il fait beau, il fait chaud, ça sent bon le sable chaud, la corne de brume retentit et c'est parti pour le show.
Il faut vite retrouver les bonnes vieilles habitudes, je cours comme un damné tant que j'ai pieds, je plonge, je me relève, je recours, je replonge, je commence à tourner mes p'tits bras, à secouer mes p'tites jambes, j'encaisse une taloche à droite, une taloche à gauche, je bois la tasse par en dessous et je finis par crier :
«  Bande d'enf.... j'vais tous vous noyer ! »
Et Clac re-taloche par les narines !
« Aïeuh …........ça fait maleeuuuuuuu ! »
Bon c'est pas grave, de toute façon j'ai mis ma cagoule, y peuvent taper tant qu'ils veulent chui blindé à ce niveau là et pis j'avais oublié ces pures moments de bonheur que sont les départs de triathlons, et qui reste le seul véritable moment de partage de cette discipline.
Le peloton s'étire et à la 1ere bouée je suis pas trop mal placé puisque j'aperçois pas loin le canoë qui ouvre la course de l'homme de tête, je maintiens la cadence et reste sans problème dans un petit groupe de 4 ou 5 nageurs, à mi-parcours petite sortie à l'australienne et replongeon direction le large et la prochaine bouée.
Je boucle cette partie natation de 1,9 km en 28:51 et rentre dans la parc à vélo en 20eme position, petite transition pépère le temps de mettre mon maillot de vélo, mes chaussettes, mes chaussures, le casque et tout le tralala qui ne vous sert jamais à rien, je ressors 27eme après cette transition au parfum Suisse et me mets de suite dans une attitude un peu plus nerveuse pour aborder les 85 km de vélo qui m'attendent.

Direction l'arrière pays varois, je remonte très rapidement plusieurs concurrents et aux environs du 15eme km je rattrape déjà le 8eme, ensuite c'est le no man's land intégrale, pas âme qui vive pendant plus de 60 bornes, tant pis ça me laisse le temps de m'attarder sur le paysage qui s'annonce magnifique voir magique par moment,j'ai même parfois l'impression d'être au Far West et de filer au galop sur mon fidèle destrier à la conquête de l'Ouest, manque plus que les indiens pour compléter le décor et pour tenter de me scalper, heureusement pas de signaux de fumée à l'horizon, pas de horde sauvage à mes trousses, pas de flèches qui me sifflent aux oreilles, pas de plume dans le …..........euh non ça c'est autre chose, enfin bon les seuls indigènes que je croisent sur ses routes ce sont des cyclos, il y en a à la pelle, des pelotons de partout, y'en a même un qu'à essayé de me relayer, j'ai été obligé d'lui mettre une mine, y m'ralentissait ce c..
Je continue donc mon bonhomme de chemin, seul au monde, sans ami à qui parler, du coup j'ai vraiment du mal à calibrer mon effort et à me situer physiquement, les jambes vont bien mais je ne me sent pas super efficace, sûrement le fait de passer d'allure de courses cyclistes à celui d'allure de triathlons, malgré le point commun de l'ustensile, c'est pas du tout le même sport.
Je maintiens la cadence et à environ 8 bornes de l'arrivée je vois débouler un autre concurrent qui me dépasse, ça me fout encore plus le doute sur ma perf cycliste du jour, je finis donc ce superbe parcours vélo avec lui et pose mon biclou en 9eme position, avec les 85 bornes effectuée en 2:28:51, ça fait le 6eme temps, c'est pas génial mais en même temps c'est pas si mal.

 Cette fois-ci je fais une transition éclair et démarre le semi-marathon sur de bonnes bases, ça avance et au bout de 200m j'ai déjà repris le 8eme, au 2eme km j'avale les 2 suivants, sur ce circuit de 7 bornes à faire 3 fois je croise le 1er et j'en profite pour me faire un pointage :
«…........ 1mn....... 2mn......3mn.......4mn......arf 4:08 !»
Va pas falloir s'arrêter pissé en route !
C'est pourtant pas l'envie qui m'en manque, je continue sur mon allure et à chaque croisement avec les 1ers je reprends du temps, c'est plutôt motivant mais après réflexion …........si si je vous assure, j'arrive à réfléchir en courant..........théorème de Pythagore divisé par la loi de la gravité multiplié par le cosinus de l'angle de ma casquette …..........j'en conclue............que j'ai mal au sinus........... euh non que je ne reprends pas assez de temps par rapport aux kms restants, c'est pas grave, du coup je décide d'emmerder la théorie et de laisser libre court à la pratique.
Je continue mon pélerinage et reprends le 5eme aux environs du 10eme km, le 4eme au 13eme km, on est déjà dans la dernière boucle et à l'amorce de l'avant dernier demi-tour je croise le 1er et ses 2 poursuivants qui sont à ma grande surprise à porté de fusil, ce que la theorie n'avait pas prévu, c'est que devant ça coince.
J'ai bien mal aux jambes depuis un petit moment et j'ai l'impression que je ne peux plus accélérer, mais il reste 4 ou 5 bornes jusqu'à l'arrivée et la vision de mes 3 adversaires m'a mis un coup de boost.
Tant pis pour mes jambes, je sors la spéciale Predator, du genre attaque du kamikaze, c'est comme dans les jeux vidéos, y'a toujours le bouton de l’accélération ultime, vous savez celui sur lequel on appuie toujours comme un acharné et qui vous empêche de prendre le virage au bout de la ligne droite.
Pour faire plus simple je pose le cerveau et je mets le moteur au rupteur, je tire sur mes bras, je pousse sur mes pauvres jambes et j'arrache le bitume avec mes baskets, ça fume, ça commence à sentir le cramé mais rien ne peux plus m'arrêter.
Il reste 2 bornes, je déboîte le 3eme à la vitesse du son, dans le dernier km j'enrhume le 2eme à la vitesse de la lumière, reste plus que l'homme de tête qui me nargue juste devant et qui doit commencé à sentir l'odeur du roussi, sauf que le gazier même avec le feu aux fesses passe sous le portique d'arrivée juste à temps, je déboule comme un frelon enragé dans l'air d'arrivée et manque de faire un strike avec le DJ et ses pom-pom girls !
Je termine ce semi-marathon qui au passage devait faire 19,5 km plutôt que 21 en faisant le meilleur temps en 1:14:25.

Au final j’échoue donc à la 2eme place à 12s du vainqueur, un très bon résultat pour une reprise mais qui avec plus de recul me laisse beaucoup de regrets sur ce qui reste une occasion perdue, avec un objectif de top 5 voir de podium je rentre dans les clous mais j'ai manifestement trop tardé à croire en mes chances et trop attendue pour lancer les hostilités.

  

Résultats:                                                                   

 

1 Damien LANDON (Tri Sud 18)                        26:00   2:31:11   1:15:20   4:12:31                               

2 Sébastien MOREAU (Puissance 3 Cournon)   28:51   2:29:27   1:14:25   4:12:43

39 Gregory BAPT (Puissance 3 Cournon)          31:58   2:33:51   1:40:43   4:46:42

 

 

 

 

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Par Predator
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